| Les détecteurs de fumée bientôt généralisés dans les habitations |
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Oui, même dramatiquement fréquents. Le secrétariat d'Etat au logement estime qu'il y a en France un incendie toutes les deux minutes, ce qui occasionne plus de 10 000 blessés et 800 morts par an. 70 % de ces incendies domestiques meurtriers ont lieu la nuit et 80 % des décès sont dus à l'intoxication. En 2005, 90 571 feux d'habitation ont été comptabilisés dans l'Hexagone. En Corse-du-Sud, les pompiers ont réalisé 113 interventions en 2009 sur des incendies d'appartements, dont 57 sur la seule commune d'Ajaccio. Si aucun décès n'a été déploré l'an passé, contrairement à 2008, deux enfants ont récemment été intoxiqués dans un feu survenu dans un appartement des Jardins de l'Empereur.
Le 13 janvier, une commission mixte paritaire s'est réunie au Parlement et a décidé de rendre obligatoire, dans les cinq ans, l'équipement des détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF). Cette commission, composée de sept sénateurs et sept députés, ne fait que reprendre un travail parlementaire ancien. En 2005, les députés UMP Damien Meslot et Pierre Morange avaient déposé un projet de loi, dont l'adoption a été plusieurs fois repoussée. En février 2009, l'Assemblée nationale votait un texte donnant trois ans aux occupants d'un logement neuf ou ancien pour équiper leur habitation d'un détecteur de fumée. En vain : le conseil constitutionnel invalidait l'article 41, qui rendait obligatoire cette installation. Bruno Apparu, Secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme, s'est félicité du travail de la commission de même que le député-maire d'Ajaccio, Simon Renucci, qui est particulièrement sensibilisé à ce problème.
Le capitaine Thomas Mondoloni, responsable de la prévention bâtiment en Corse-du-Sud et correspondant de la fédération nationale des sapeurs-pompiers, en est intimement persuadé. « Nous y sommes en tout cas favorables. Une partie des incendies survient la nuit et surprend les gens dans leur sommeil, notamment les personnes âgées qui sont de plus en plus maintenues à domicile. Beaucoup meurent d'une intoxication au monoxyde de carbone sans même avoir été brûlés. Un dispositif d'alarme précoce permettrait non seulement de réveiller les gens à temps mais aussi parfois, d'éteindre un départ de feu sans trop de difficultés, et donc de limiter les dommages ainsi que les pertes en vie humaine.
Il suffit de les installer dans une pièce voisine de la cuisine qui est un lieu à risques, ou dans le couloir menant aux chambres, de changer régulièrement les piles. Posé au plafond, le détecteur fonctionne avec des piles. Il surveille l'air ambiant de l'habitation, est programmé pour détecter les fumées et alerter grâce à une alarme sonore, qui atteint 90 décibels.
« En Angleterre ou encore en Norvège, près de 90 % des foyers sont équipés en détecteurs de fumée quand en France, on en est à 1 % », explique le capitaine Thomas Mondoloni. Ces pays ont divisé le nombre de morts par deux. Les professionnels recommandent d'acheter des détecteurs aux normes. Leur coût varie entre 20 et 50 €uros pour une durée de vie de cinq à dix ans. Article basé sur un article extrait du journal « Corse Matin », en date du 7 février 2010.
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